Carnet de bord 5 : Mustique en amoureux

 

 
Aout 2018
Seubyne avait son avion à 7h, elle avait donc réservé un taxi à 4h30, ou du moins c’était pas vraiment un taxi mais un mec de l’ile coupe gorge lui a dit qu’il était ok pour l’amener à l’aéroport à 4h30. Depuis le début su séjour elle s’inquiétait de comment pouvoir aller à l’aéroport si tôt et la voilà soulagée.
A 4h30, Alex l’amène sur le quai avec notre annexe, je fais des grands adieux endormie à Seubyne et je guette d’un oeil leur arrivée sur le quai et la présence du taxi depuis la fenêtre de notre chambre. Puis je vois aucune voiture et deux ombres piétiner dans le noir. 15 mn passent, je vois qu’Alex a laissé son téléphone portable sur le lit et je le vois revenir en annexe, je lui remets son téléphone me doutant que c’était ce qu’il était venu chercher. Tout le monde était en mega stress car on voyait pas trop quoi faire dans l’ile coupe gorge déserte. Ils sont qd même monté faire du stop sur le bord de la route mais sans succès et moyen safe , Seubyne a l’idée d’aller en annexe dans la baie d’à côté qui a une marina et un hôtel et peut être qq’un de réveillé car le téléphone d’Alex ne captait pas. Je les vois repartir en annexe et essaye de me rendormir mais bon je reste les yeux grands ouverts. Bien 35 mn passent et j’entends l’annexe revenir, je vois Alex revenir seul et je comprends que Seubyne est sauvée! L’hôtel a appelé un vrai taxi pour elle et elle était la première à l’aéroport malgré cette heure trente à trouver un taxi!!!!! Ouf! Bon je sais, y’a pas trop de chute à mon histoire mais y’avait un peu de suspens quand même! Sur les îles c’est compliqué de compter sur les gens je trouve, en Martinique c’est pareil nous disait Gilles…
Avec Alex nous avons vécu ces quelques jours seuls en totale harmonie et efficacité. Diatomée a été lavé à l’intérieur, sur le pont et toute la coque en dessous, c’est ce qu’on appelle le carénage. On va frotter la coque en apnée avec une brosse pour enlever toutes les petites algues qui ont décidé de s’y accrocher, et ça peut vite être un vrai frein pour le bateau donc il faut le faire souvent (au moins tous les mois. Mais la coque est immense (vous voyez sur la photo) et il y a la quille et le safran donc c’est très long et on fait ça sur plusieurs jours.
Et un jour on était parti pour une heure de carénage et je sais pas ce qui nous a pris mais on pouvait plus s’arrêter et on frottait frottait comme ceux qui ont des tocs et on a fini toute la coque qui est maintenant d’un blanc immaculé! C’est très fatiguant car on est tout le temps en apnée et on fourni un effort intense car on frotte fort et quand on revient en surface on est hyper essoufflé!
Après on passe des longs moments à trainer dans les cafés, faire internet, mettre trois plombes pour acheter 4 tomates et il fait déjà presque nuit! Nous sommes retournés à l’ile Mustique voir les fous (les oiseaux!) et je n’ai pas retrouvé mon bébé poulpe qui était au pied d’une bouée (pas celui de Sainte Lucie qu’on avait “apprivoisé” mais un autre). Il y a plein de bouées dans la baie et à chaque fois je disais à Alex « il est à cette bouée » « ah non! Il est à celle-là! » et ce n’était jamais la bonne! On s’est tapé des km et j’ai jamais retrouvé la bouée!
Nous retournons souvent au Basil's bar pour avoir du wifi.
Ds l’ensemble nous sommes toujours aussi fatigués, les jours où nous sommes très actifs ok, mais parfois nous ne faisons vraiment pas grand chose et je sais pas pourquoi, peut être d’être toujours plus ou moins en équilibre sur le bateau , même quand nous dormons avec la houle ça peut tanguer et notre corps doit sans doute compenser tout le temps… je sais pas. En tout les cas ce qui est génial c’est que je ne suis pas du tout malade, même quand d y’a la houle, mon corps s’est vraiment habitué!
Mais je vous cache pas que pour l’instant la vie ici est vraiment idyllique! Dès le réveil on va nager et voir tous les animaux, puis ptit dej avec du pain fait avec notre machine à pain (d’ailleurs j’ai mis plus de levure pour qu’il soit plus aéré et ça a fait tout l’inverse, un pain encore plus compact et tout pas cuit hyper pâteux c’est trop trop bon!!!!!), puis petit tour « en ville » on renage, on travaille sur le bateau on nage encore, on cuisine… mais la grande joie c’est d’aller au restaurant le soir! On adore aussi manger sur notre bateau, dehors, avec nos petites lampes qui se recharge avec le soleil et imitent la lumière des bougies et on installe notre petite enceinte portable qui a un son de ouf!
 
 
Mais le plus grand plaisir d’Alex après celui d’installer son taud de pluie alors qu’il pleut jamais, c’est d’aller au shipchandler. Le shipchandler c’est un magasin spécialisé pour les bateaux. Il y passe des heures, épluche tous les rayons et achète tous les petits trucs pratiques qui améliorent la vie sur le bateau et dont on ignorait absolument l’existence! Mais ce qu’il préfère, c’est les produits ménagers: celui pour laver l’annexe, celui pour faire briller les winchs, celui pour le pont, celui pour le Plexiglas, celui pour faire plus blanc que blanc…Et quand nous ne sommes pas au shipchandler, il épluche un catalogue de 400 pages avec TOUT ce qui existe pour les bateaux! Et il découvre des nouveaux nettoyants!!!! Celui pour nettoyer l’eau qui nettoie le bateau!!!! S’il pouvait faire pareil pour notre appart à Paris…no comment
Moi ce que je préfère, c’est le regarder fumer chaque soir et froncer ses sourcils…pfff il est trop beau!
Nous avons acheté des filets pour ramasser les déchets que nous trouvons quand nous nageons mais en fait il y avait peu de déchets et nous ne les utilisions pas trop. Et là, nous sommes retournés à Béquia, la grande île au nord des Grenadines et il y avait plein de canettes et de bouteilles sous le bateau, du coup Alex a tout mis dans le filet et il l’a remonté sur la jupe du bateau (à l’arrière, avec la petite échelle, là où on se met à l’eau), et là je vois un bébé poisson qui agonise à moitié sur le bateau, je n’arrive pas à l’attraper pour le sauver et j’engueule grave Alex (le poisson venait du filet) du coup Alex sauve le poisson (il n’avait pas trop le choix le pauvre) et qu’est ce qui sort du filet? Un bébé poulpe! Mais un nourrisson poulpe! Il faisait la taille d’une phalange! Lui il a trouvé tout seul où retourner à l’eau et pour ça il a du passer sur ma main, j’ai plutôt trop kiffé!!! Ensuite il a plongé dans l’eau et là, truc de ouf, en une seconde il a pris l’apparence d’une branche d’arbre, il a ouvert ses bras de formes différentes, il est devenu un peu globuleux, très marron et il était immobile et se laissait couler vers le fond. En pleine eau comme ça il était très vulnérable, mais si j’avais croisé ce truc en nageant, jamais je me serais dit que c’était un poulpe! Je suis restée béate d’admiration! Et je dis à Alex: “on remet tout à la mer! Il y a plein d’animaux qui s’abritent dans les canettes et autres déchets et il est hors de question de les tuer!” Sauf que le filet dégueu ça faisait mal au coeur de tout le revider, du coup on l’a attaché à l’échelle, dans l’eau pour que toute la nuit les animaux aient le temps de déguerpir…
A Cannes avec Jérôme Espla on s’était arrêté pour ramasser un énorme couvercle en plastique qui flottait et en fait il y avait plein d’anatifs (des crustacés) qui s’étaient fixés dessus, du coup on l’a remis à l’eau…c’est un vrai dilemme que Gé a parfaitement su illustrer:
Un jour vers le mois de juin je courais sur le bord du canal et un mec m’a arrêté en me disant que je courais bien mais qu’il fallait que je fasse attention à ci, à ça, bref on discute et il me demande quand je suis née, puis de lui serrer fort le poignet, et je vois qu’il calcule dans sa tête et il me dit « le 20 aout! » retenez cette date, et sachez lire les signes! Le 20 aout, c’est aujourd’hui, je trouvais ça forcément débile mais quand même j’y ai pensé toute la journée et je n’ai vu absolument aucun signe qui allait marquer un tournant de ma vie!!! Mais bon, le mec m’a aussi dit qu’il fallait pas que je m’isole et que je me referme sur moi (je courais un samedi soir vers 21heures où en général les gens sont entre amis et il a du en déduire que j’étais très seule!!!!!) Bref la journée n’est pas finie mais pour l’instant, à part le nourrisson poulpe trop intelligent, j’ai pas vu de signes!
Le fou brun adulte
Je disais à Alex qu’ici c’était le paradis, qu’il ne manquait que les shortbreads de Mark et Spencer (la meilleure chose au monde selon mon palais). Et que voit-on dans la seule boulangerie de l’île? Un shortbread! Si ça se trouve c’était ça le signe!
À suivre...

 

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