Carnet de bord 17 Traversée du Mexique au Panama

 

 

 

 

Février 2020

 

La fin de notre séjour dans la marina à Cancún a été très longue. Nous sommes retournés une deuxième fois à Tulum et avons eu le temps de faire ce que nous souhaitons faire depuis le début, c’est à dire des films artistiques et des photos. Notre vie à la marina sans pouvoir profiter de la piscine nous a plongé dans l’addiction d’autres plaisirs immédiats, l’alcool pour Alex et le sucre pour moi:

 

 

 

 

Deux fois par jour nous allions dans le petit deli market de la résidence voisine, le seul endroit avec un peu de vie aux alentours. Et sous prétexte d’aller voir Kili, la petite chienne amoureuse d’Alex, nous achetions vin, rhum, chaussons aux pommes et cheesecake.

 
 
 

 

 

 

Pour éliminer nos excès nous nous sommes remis au footing et nous avons croisé à deux reprises ce qu’on croyait être un renard mais qui était en fait un coati!

 

 

 

 

 

 

Le grand point positif de nos deux mois à Cancun est sans nul doute les progrès que nous avons fait en espagnol! Même si au final, la phrase que nous répétions en boucle était juste « no functiona »!

 

La fin des réparations n’en finissait plus d’être décalée au lendemain…Mais quand tout a été terminé, Diatomée n’a jamais été aussi fonctionnel! Nous avons un super écran qui nous permet de voir la profondeur, la direction du vent, et plein d’autres options. Nous n’avons pas un mais deux pilotes automatiques!!!!! Et le propulseur d’étrave enfin complètement réparé!

 

Avant notre grand départ, nous avons un peu navigué pour tester les voiles recousues et régler le nouveau pilote automatique et nous sommes retournés à Isla Mujeres. Nous sommes partis pour le Panama le soir au coucher du soleil pour profiter au plus tôt du vent favorable à la navigation. Alex a hyper bien gérer la météo pour qu’on ne se retrouve surtout pas vent de face comme la dernière fois, ça nous a traumatisé!

 

Du coup la navigation s’est très bien passée avec le vent qui tournait parfaitement selon notre direction pour qu’il reste toujours de travers et nous sommes allés assez vite avec une moyenne de 7 Noeuds. Nous avons mis une semaine alors que nous pensions mettre peut être jusqu’à 10 jours.

 
 
 
 

 

 

 

Nous sommes passés très au large du Nicaragua pour éviter les pirates sur les conseils de plusieurs personnes. Toutes les histoires de pirates qui arrivent à nos oreilles sont atroces. En général le bateau est pillé de fond en comble, les femmes violées et le capitaine parfois tué. #commentavoirsavieruinéeenquelquesminutes

 

Même si tout s’est bien déroulé, cette traversée comporte parmi les pires jours de ma vie. Je n’ai jamais été aussi malade. Les deux premiers jours je vomissais toutes les deux heures. C’est beaucoup beaucoup. J’avais la gorge complètement brulée et enflée à cause de toute cette acidité. Et je ne me sentais même pas soulagée après. Alex me laissait dormir plus que lui et gérait toute la navigation. Le « problème » quand tout fonctionne bien sur un bateau c’est que notre attention se focalise davantage sur notre petite personne, quand il faut assurer car il y a des rafales ou pas de pilote, on n’a pas trop la possibilité d’être malade, ou du moins ça ne prend pas une telle ampleur.

Nous avons été extrêmement ballotés, avec des vagues et de la houle non stop sans jamais un moment de répit. Et après huit mois sans naviguer le corps a pris cher! Je ne communiquais que par signes avec Alex car si je desserrais les dents j’avais trop peur de vomir à nouveau. Je passais mes journées à broyer du noir, à me noyer dans mon vomi, mes larmes et la détresse de me dire que j’allais vivre ça toute la semaine. Les ciels étoilés et la mer à perte de vue me laissaient dans une indifférence totale. 

Pendant ce temps là, Alex allait vider l’eau à l’avant du bateau car la pompe « no functiona », il  a fabriqué un nouveau phare rouge car le notre « no functiona », il checkait la météo, le trajet, ajustait les voiles et purgeait les filtres à gazole. Alex c’est le genre de personne qui tire les autres vers le haut. Quand je n’ai pas la force de faire quelque chose, je pense à tout ce qu’il fait et je trouve immédiatement le courage  d’agir. 

 
 
 
 

 

 

 

Les deux jours suivants j’ai commencé à moins vomir, il fallait aussi que j’assure davantage pour qu’Alex puisse se reposer correctement. Parfois on se donnait des rendez-vous galants, il me disait « dans 30 minutes je viens un peu m’assoir à côté de toi ». Nous n’avions pas forcément beaucoup de choses à nous dire mais le coeur y était. J’ai pu recommencé à manger, les seules choses dont j’avais envie étaient des fruits, du fromage frais Philadelphia et du yaourt sucré à la noix de coco …pour une vegan ça la fout mal!

Et enfin les deux derniers jours la mer s’est calmée, mon corps s’est habitué et j’ai retrouvé ma joie de vivre.  Le dernier soir nous avons même pu regarder un film!

 
 
 
 

Nous avons définitivement élu Sean Connery comme le plus beau et le plus classe de tous les James Bond!

 

 

 

 

Mais les journées étaient très très longues, les moments les plus durs étaient ceux en plein soleil, la nuit était plus agréable, je craignais les levers de soleil et étais pressée qu’il se couche! Pour une addict du soleil, quelle évolution! 

Un jour, nous venions de finir le repas du midi et nous nous disions que c’était l’heure de la sieste et il n’était en fait que 10h30 du matin! J’ai eu le temps d’écouter 6 livres!!!! C’était ma seule distraction. J’ai beaucoup pensé à la traversée pour la Polynésie française qui va durer 3 semaines et j’avoue que j’appréhende grave… mais dès que j’ai commencé à aller mieux sur le bateau j’avais déjà oublié les moments difficiles.

 
 
 
 

Bocas Del Toro est un Archipel d’îles au Panama qui mérite d’être davantage connu!

 

 

 

 

L’arrivée à Bocas Del Toro a été un émerveillement, plages désertes, palmiers et maisons colorées avec 3 semaines pour en profiter.

 
 
 
 

Bocas Marina est un petit paradis où les plaisanciers ne veulent plus partir!

 

 

 

Le restaurant de Bocas Marina est tenu par Benoit, un Hyérois!

 

 

 

 

 

 

Nous mouillons sur l’île principale, Isla Colón. Ici tout est coquet, la marina est une magnifique maison entourée d’un jardin luxuriant, la ville est une suite de resto sur pilotis qui donnent tous sur la mer, les boutiques sont trop belles car la communauté de surfeurs est importante ici et ils ont bon goût ! Tout est facile, les gens se déplacent en vélo ou en taxi/minibus partagés. Nous trouvons tout ce que nous aimons dans les supermarchés et shipchandleur!

 
 
 
 

 

 

 

Si Alex passe des heures dans les rayons d’accastillage, c’est à son tour de m’attendre au supermarché où les immenses rayons de fruits et légumes me font rêver. Mon plus grand bonheur est de trouver de la menthe, de la coriandre ou du basilic qui changent tout un plat. Et Il y a tout ça!

 
 
 
 

 

 

 

Nous n’avons presque plus de gaz et avons passé plusieurs journées à essayer de remplir nos bouteilles à Cancún, sans résultat. Nous ne pouvons pas en acheter à l’étranger car leurs bouteilles de gaz sont trop grandes et les embouts différents du coup, grosse restriction sur les cuissons. Une nouvelle façon de cuisiner s’ouvre à nous: celle de la cuisson au micro ondes! À chaque problème une solution!

 

Nous avons presque l’esprit tranquille mais le guindeau qui remonte l’ancre « no functiona muy bien » et c’est un vrai problème car nous allons souvent changer d’endroits. Nous sommes déjà allés chez un soudeur sur l’île et avons demandé conseils sur un forum de navigateurs…on croise les doigts pour trouver une solution.

 

Aujourd’hui nous avons loué des vélos pour aller à Playa Bluff connue pour sa beauté et ses rouleaux. Nous nous sommes éclatés dans les vagues avant de déguster notre pique nique seuls au monde!

 
 
 
 

À la playa (Tu) Bluff (Martoni) nous ne nous sommes baignés que dans les rouleaux car il y a des forts courants.

 

 

 

 

Au retour j’ai croisé une famille de singes hurleurs! Alex n’a pas eu cette chance car il devait speeder pour être à l’heure à son cours de surf! 

 

 

 

 

Aujourd’hui c’était un peu moins drôle, nous avons passé la journée chez le soudeur et écumé toutes les ferronneries de la ville pour trouver l’écrou qui sauvera notre guindeau… En vain… Nous essayons de le commander sur internet.

 

À suivre…

 
 
 
 

Heureusement dans les ferronneries il n’y a pas que des clous!

 

 

 

 

 

 

 

Pour les plaisanciers

 

Le mouillage devant Bocas Marina est très calme et pas du tout houleux. Quand vous arrivez vous prevenez la marina sur le canal 68 ou 69 que vous mouillez en face et dans l'heure qui suit, l'immigration vient à bord pour faire l'entrée au pays. En 20 mn tout est fait! Ils ne vous demandent rien en ce qui concerne vos fruits et légumes et autre stock de nourriture!

Bocas Marina propose un service de Laundry mais celle en ville coute beaucoup moins cher, ça vaut le coup de marcher quelques mètres. Daniel de "Water World"(dinghy Parking) nous a réparé les deux moteurs de notre annexe 4 et 15 CV. L'île contient au moins  4 boutiques de ferronerie assez bien équipées. Kiwi Dave est un soudeur qui a son atelier au Botanic Garden ($1 en taxi) et nous a beaucoup aidé pour réparer notre guindeau. Il ne se déplace plus sur les bateaux hélas! Son tèl: +50767299946.

 
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